Pourquoi les plantes dépolluantes ne dépolluent pas !

Les plantes, on les aime. On les adore ! Si en plus elles pouvaient contribuer à dépolluer notre air intérieur, ce serait la cerise sur le gâteau ! Mais qu’en est-il réellement ? Car il est vrai qu’on lit autant de choses sur leur effet épurateur que sur leur inefficacité à dépolluer l’air intérieur.

1. Contexte

Entre notre logement, les transports en commun, le lieu de travail ou même l’école, nous passons très facilement plus de 80% de nos journées dans des lieux clos. Selon l’OMS, la pollution de l’air à l’intérieur des habitations serait même responsable d’AVC, de cardiopathies ischémiques, de bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) et de cancers pulmonaires.

S’il est évident qu’une mauvaise qualité d’air intérieur nous affecte toutes et tous (maux de tête, étourdissements, fatigue…), les personnes à risque, notamment les enfants, y sont encore plus sensibles ! 

Plantes dépolluantes - Dépollution air - PHYT'AIR
Plantes dépolluantes - Qualité d'air intérieur - Pollution air intérieur chez soi, au bureau

Pour cause, la pollution de l’air est présente partout autour de nous, même là où on ne la soupçonne pas : colles, peintures, meubles, encres, produits ménagers (même bio), fumées de cuisson, cigarettes, lit, aspirateur, encens, bougies, trafic routier, industries…

Utilisateurs avertis et professionnels engagés, on assiste à une vraie prise de conscience collective en faveur d’une meilleure qualité d’air générale. 

Alors, quoi de plus légime que de se demander si les plantes “dépolluantes” d’intérieur sont réellement efficaces ! 

La promotion de ces dites plantes “purificatrices” reposerait majoritairement sur les études du Dr. Wolverton, dans les années 80 et pour le compte de la NASA, au sujet de la capacité des plantes à dépolluer l’air intérieur.

Selon ses études, la dépollution des plantes d’intérieur serait permise grâce à l’absorption de plusieurs composés chimiques par les végétaux (phytoépuration). 

C’est donc dans le but d’améliorer la connaissance sur le sujet dans des conditions les plus proches de la réalité que le programme PHYT’AIR est né.

Phyt'air, soutenu par qui ?

Le programme PHYT’AIR est né à l’initiative du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), de la Faculté de Pharmacie de Lille, et de l’Association Plant’Air Pur. Depuis 2004, il est soutenu par l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME).

Objectif du programme ?

Etudier les capacités d’épuration de plantes spécialement choisies sur 3 gaz fréquemment retrouvés dans l’air intérieur des logements : le monoxyde de carbone (CO), le formaldéhyde et le benzène !

Plantes dépolluantes - Dépollution de l'air intérieur - Végétaux absorbant polluants
2. Le programme phyt'air : test sur les plantes !

Dans des conditions contrôlées en laboratoire, des injections de polluants ont été réalisées dans une enceinte avec 3 plantes d’intérieur : dragonnier, pothos et la plante araignée. D’une plante à une autre, les concentrations de polluants diminuent entre 30% et 90% et le monoxyde de carbone semble être le polluant le mieux absorbé comparé au formaldéhyde et au benzène.

Des recherches complémentaires ont également mis en avant le rôle du substrat dans le phénomène de dépollution de l’air. Cela serait permis grâce aux micro-organismes présents au niveau des racines chez les plantes.

Vous avez dit substrat ? Le substrat sert de support aux plantes et peut être enrichi de différents procédés (micro-organismes, charbon actif, …). Oui… Mais en conditions réelles ? La dernière phase de PHYT’AIR concernait une étude en conditions réelles d’exposition. Elle a été menée avec des sources multiples de pollution (bâton d’encens, chauffage d’appoint, …).
3. La vérité sur les plantes dépolluantes

Selon l’ADEME, des plantes peuvent effectivement absorber certains polluants gazeux dans des conditions contrôlées en laboratoire.

Si cela se vérifie en milieu contrôlé, l’efficacité des plantes “dépolluantes” “n’est pas validée scientifiquement au regard des niveaux de pollution généralement rencontrés dans les habitations et des nouvelles connaissances scientifiques dans le domaine.” (ADEME)

Dans des conditions contrôlées en laboratoire, des injections de polluants ont été réalisées dans une enceinte avec 3 plantes d’intérieur : dragonnier, pothos et la plante araignée. D’une plante à une autre, les concentrations de polluants diminuent entre 30% et 90% et le monoxyde de carbone semble être le polluant le mieux absorbé comparé au formaldéhyde et au benzène.

Des recherches complémentaires ont également mis en avant le rôle du substrat dans le phénomène de dépollution de l’air. Cela serait permis grâce aux micro-organismes présents au niveau des racines chez les plantes.

Faire de sa maison ou de son appartement une jungle peut conduire au développement de moisissures et/ou peut avoir un impact allergisant.

Le programme PHYT’AIR portait uniquement sur le monoxyde de carbone, le benzène et le formaldéhyde et non sur l’ensemble des polluants (COV, particules fines, champignons, …).